Frissons au sommet : conquête hivernale du Bishorn à ski

Bishorn Ski Randonnée
À l’assaut du Bishorn : découverte unique d’un 4000m à ski de randonnée Au cœur des Alpes suisses, certains sommets gardent encore le privilège d’une relative solitude, loin de l’agitation des domaines skiables. Le Bishorn, cette majestueuse montagne culminant à plus de 4000 mètres, en fait indéniablement partie. Situé dans le Val d’Annivier, ce géant de glace et de roche offre une expérience de ski de randonnée exceptionnelle pour les aventuriers prêts à relever le défi d’une ascension à la journée depuis Zinal. Mon voisin David caressait ce projet depuis longtemps, et lorsqu’il m’a proposé de l’accompagner pour mon premier 4000m à ski, l’opportunité était trop belle pour la laisser passer. Une ascension préservée du tourisme de masse **Contrairement à ses cousins plus célèbres** comme l’Allalinhorn ou le Breithorn, le Bishorn présente l’avantage considérable de ne pas être desservi par des remontées mécaniques. Cette particularité offre ainsi un cadre sauvage et authentique, préservé de l’afflux touristique qui caractérise d’autres sommets prestigieux. L’ascension nécessite donc un effort complet depuis la vallée, ce qui garantit une immersion totale dans un environnement alpin d’exception. Les conditions s’annonçaient parfaites en cette fin avril 2025, une semaine après d’importantes chutes de neige. C’est donc avec enthousiasme que nous avons entrepris notre aventure, démarrant de Zinal à l’aube, à 6h précises, pour profiter pleinement de la journée. Première étape : de Zinal à la Cabane de Tracuit Un départ en douceur le long de la Navisence Les premiers kilomètres suivent paisiblement la rivière Navisence. Sur ces 5 km initiaux, le dénivelé reste modéré avec seulement 300 à 400 mètres de montée. Toutefois, dès le lieu-dit Vichiesso, une couche de neige fraîche d’environ 10 centimètres nous attend. Par conséquent, nous nous retrouvons à tracer notre propre chemin, ajoutant un défi supplémentaire à l’ascension. David, plus expérimenté et en meilleure forme, prend rapidement les devants pour créer la trace. En effet, tracer depuis Zinal jusqu’au sommet représente un effort considérable que nous nous partageons, même si mon compagnon en assume la plus grande partie. La magie du lever de soleil en altitude Le parcours nous conduit ensuite au Vallon d’Arpitetta. Après avoir traversé un pont, nous nous dirigeons vers l’Alpage de Tsijère de la Vatse. C’est à ce moment précis que le soleil commence à illuminer les sommets environnants, dévoilant progressivement la majestueuse Dent-Blanche et le Grand-Cornier. Ce spectacle matinal offre alors une récompense visuelle saisissante qui justifie à lui seul le réveil aux aurores. La montée se poursuit en diagonale par l’Alpage d’Arpitetta puis Tsijère de la Vatse pour rejoindre un petit col situé au Sud-Est du Roc de la Vache. De ce point stratégique, nous apercevons enfin la cabane Tracuit, notre objectif intermédiaire, bien que celle-ci paraisse encore étonnamment lointaine. Les derniers efforts avant la cabane Une courte descente d’environ 50 mètres nous attend pour traverser le torrent du Barmé. Le conseil d’un habitué résonne dans ma tête : mieux vaut garder les peaux pour ce court passage descendant. Ensuite, la véritable difficulté commence avec 700 mètres de dénivelé positif jusqu’à la cabane. Cette section se révèle particulièrement exigeante. Si la première partie reste relativement abordable, la pente s’accentue considérablement en approchant de notre destination. À cette altitude, l’oxygène se raréfie, ralentissant progressivement notre progression. Juste avant d’atteindre le Col de Tracuit, un passage délicat nous attend : une section raide et étroite, équipée de chaînes. Selon les conditions, il devient parfois nécessaire d’enlever les skis pour franchir cet obstacle en toute sécurité. Nous atteignons finalement la Cabane de Tracuit peu après 10h, nous accordant une pause bien méritée avant d’attaquer la dernière partie de l’ascension. L’ultime ascension : de la Cabane de Tracuit au sommet Face au géant Depuis la terrasse de la cabane, le Bishorn se dévoile dans toute sa splendeur. Il nous reste environ 900 mètres de dénivelé à gravir pour atteindre son sommet. Deux itinéraires s’offrent à nous, mais nous optons pour la « voie normale », plus directe et adaptée à notre niveau d’expérience. Notre progression nous mène à travers le Glacier de Tourtemagne. Nous traçons notre chemin presque en ligne droite jusqu’à un petit col au sud du point 3543, avant d’aborder le versant Nord-Ouest du Bishorn. À partir de 3500 mètres, l’altitude et la fatigue accumulée commencent sérieusement à se faire sentir. L’épreuve de l’altitude Ma progression devient alors très lente, entrecoupée d’arrêts réguliers pour reprendre mon souffle. David, visiblement plus à l’aise en altitude, prend de l’avance. Sur les 650 derniers mètres de dénivelé, il me précède d’environ 30 à 45 minutes. Cette partie finale se transforme en véritable bataille mentale où chaque pas représente une victoire sur soi-même. Les derniers mètres avant le sommet s’avèrent plus raides, nécessitant de déchausser les skis pour terminer à pied. Heureusement, la pente reste suffisamment modérée pour se passer de crampons. La récompense ultime L’effort fourni trouve sa justification absolue lorsque nous atteignons enfin le sommet. Le panorama qui s’offre à nous dépasse toutes mes attentes. L’arête nord du Weisshorn, particulièrement, m’arrache un cri d’admiration. Jamais auparavant je n’avais contemplé une telle beauté alpine dans son écrin naturel. La météo radieuse et la température étonnamment clémente pour l’altitude nous permettent de savourer longuement ce moment d’exception. Nous prenons le temps d’immortaliser l’instant, conscients du caractère unique de cette expérience. La descente : entre euphorie et fatigue Une poudreuse immaculée Pour la descente, nous choisissons prudemment de suivre l’itinéraire de montée, plus sécuritaire compte tenu de notre fatigue. La face Nord-Ouest du Bishorn nous offre une descente mémorable dans une belle poudreuse vierge de toute trace. Toutefois, en arrivant à la Cabane de Tracuit, mes cuisses commencent à me rappeler douloureusement l’intensité de l’effort accompli. Le retour vers la vallée En dessous de la cabane, l’exposition Sud-Ouest transforme rapidement la neige qui devient lourde et mouillée – phénomène normal en cette fin avril. Nous choisissons de descendre par la pente située juste au sud de la cabane plutôt que par le Col de Tracuit, afin de rejoindre notre itinéraire de montée au-dessus du torrent du Barmé. La descente s’avère plus technique que prévue. Nous devons remettre les peaux à deux reprises : d’abord pour remonter au petit col, puis pour traverser tout le vallon de la Lé. Les dernières pentes avant Zinal se transforment en véritable épreuve pour mes jambes épuisées. La « soupe » – cette neige mouillée et lourde – complique considérablement la descente, m’empêchant d’enchaîner plus de quatre virages sans devoir m’arrêter, tout en tentant d’éviter les cailloux qui affleurent. Des alternatives pour les plus aventureux Pour les skieurs expérimentés en quête de sensations fortes, le Bishorn offre d’autres options de descente que nous n’avons pas empruntées : Le couloir Sud-Est Avec une cotation technique de 5.2/E3, ce couloir représente un défi bien plus engagé et exposé que notre itinéraire. Il s’agit d’un terrain réservé aux skieurs confirmés ayant une excellente connaissance des conditions d’enneigement. L’idéal serait même de monter par ce couloir pour en évaluer précisément les dangers avant de s’y engager pour la descente. La variante par la Crête de Milon Cette option de difficulté 3.1/E1 consiste, après la première pente sous la cabane, à prendre plein sud vers la Crête de Milon et son Col Est. Elle nécessite une remontée d’environ 300 mètres de dénivelé positif et conduit à la cabane d’Arpitettaz avant de redescendre vers le vallon de la Lé. Avec nos 2000 mètres de dénivelé déjà dans les jambes, cette variante ne nous a même pas traversé l’esprit ! Un 4000 accessible mais exigeant Le Bishorn, parfois surnommé le « 4000 des dames » en raison de son accessibilité technique relative, ne doit pas pour autant être sous-estimé. L’endurance requise pour cette ascension à la journée depuis Zinal est considérable. Par ailleurs, comme toute course en montagne, elle comporte des risques inhérents au terrain alpin : avalanches, changements météorologiques soudains et risques de chutes. Une préparation adéquate s’avère donc indispensable, tant sur le plan physique que technique. Des connaissances solides en orientation, en gestion des risques et un équipement adapté sont également nécessaires. Pour les moins expérimentés, faire appel à un guide professionnel représente une option judicieuse pour découvrir ce sommet en toute sécurité. Cette ascension du Bishorn restera gravée dans ma mémoire comme une expérience alpine exceptionnelle. Le défi physique, les paysages grandioses et la satisfaction d’avoir atteint mon premier 4000m à ski constituent un cocktail d’émotions incomparable. Ainsi, pour les amateurs de ski de randonnée en quête d’authenticité et de beauté brute, le Bishorn représente sans conteste une destination de choix dans le magnifique Val d’Annivier.

Je suis travel blogger et explorateur dans l’âme. J’aime parcourir le monde, découvrir des destinations uniques et m’immerger dans les cultures locales. À travers mes récits et mes conseils, je souhaite inspirer et accompagner ceux qui rêvent de voyager, que ce soit pour une grande aventure ou une simple escapade.

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