vendredi, septembre 30

Crash de Yemena Airlines : Le procès débute

Crash de Yemena Airlines : Le procès débute. La justice française devra déterminer les responsabilités dans le crash de juin 2009 d’une compagnie aérienne yéménite qui avait fait 152 morts.

Crash de Yemena Airlines : Le procès débute
Crash de Yemena Airlines : Le procès débute

Le 30 juin 2009, un avion de Yemena Airlines s’est écrasé au large des Comores, tuant 152 personnes. L’affaire d’homicide involontaire et de blessures involontaires de la société yéménite s’est ouverte lundi à Paris, près de 13 ans après qu’un avion s’est écrasé aux Comores qui a fait 152 morts, dont un survivant de 12 ans.

Des dizaines de proches des victimes sont attendus pour retransmettre une partie du procès à 13h30 devant les tribunaux correctionnels de la capitale et de Marseille pour de nombreuses personnes habitant le quartier. Les parties civiles risquent cependant un dommage conséquent : Selon la défense, les représentants des entreprises étatiques yéménites ne devraient pas être présents car la guerre déchire le pays.

« Le procès pénal est enfin là »

Le vol Yémena 626 s’est écrasé en provenance des Comores dans la nuit du 29 au 30 juin 2009, avant d’atterrir à Moroni, avec 11 membres d’équipage et avec 142 personnes à bord, dont 66 Français. Seule une fillette de 12 ans a survécu après après avoir passé 11 heures en mer accrochée à des débris avant d’être assistée par un bateau de pêche.

Dans un délai de quatre semaines, la justice française examinera les soupçons « d’échec et de négligence » de la compagnie aérienne yéménite qui a opéré le vol. L’entreprise a contesté les faits et infligé une amende de 225 000 € à chaque victime.

« Treize ans, c’est long : c’est épuisant psychologiquement et moralement, voire physiquement. Mais après treize ans. Après des années d’attente et d’agitation, le procès pénal est enfin arrivé« .

Une longue enquête troublée

Les boîtes noires ont été récupérées quelques semaines seulement après le crash, le pire de l’histoire de l’archipel des Comores, entre le Mozambique et Madagascar, mais l’enquête s’enlise depuis longtemps. Les autorités françaises ont à un moment donné critiqué leurs homologues comoriens pour ne pas avoir coopéré, alors que les familles des victimes ont pointé du doigt le Yémen l’accusant d’exercer des pressions pour empêcher les questions sur leurs entreprises publiques.

Finalement la directive a annoncé que l’état de l’équipement, un Airbus sorti de l’usine en 1990, n’avait eu aucun problème, ni de problème de météo, de foudre ou de missiles. Selon le rapport d’expertise, notamment selon l’enregistreur de vol, l’accident serait dû à « une faute de l’équipage lors de l’approche de l’aéroport de Moroni, qui a entraîné la perte de contrôle de l’avion ».

Or, le Yémen « a échoué à bien des égards », hormis ces erreurs majeures des pilotes, a estimé le juge d’instruction. La compagnie est accusée de maintenir des vols de nuit pour Moroni malgré les arrêts chroniques des balises lumineuses de l’aéroport, ainsi qu’une « déficience » dans la formation des pilotes, qualifiée de « faille ».

« Avion indésirable »

« Le Yémen est encore profondément affecté par cette catastrophe, notamment pour les victimes, mais il clame son innocence en montrant qu’il ne prend aucune responsabilité du fait de l’intervention« , appuie son avocat Me Léon-Lef Forster.

La jeune miraculée qui a perdu sa mère dans un accident de voiture doit témoigner le 23 mai. Lors de la présentation et dans un livre, la jeune femme a décrit se sentir « turbulée » à l’approche de l’aéroport, avoir été « électrisée » puis avoir eu un « trou noir » avant de rester « dans l’eau » pendant 11 heures. Le procès sera aussi « un avion poubelle, un procès des manquements et de l’irresponsabilité, ce qui veut dire que, dans la poursuite du profit, on va rencontrer le drame« , estime Saïd Assoumani.

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